types et formes de phrases

Publié le par ait baali sidi hassane

3° ACA    LANGUE : types et formes de phrase

Observer :

                                                      Rodrigue:

Percé jusques au fond du cœur

D'une atteinte imprévue aussi bien que mortelle,

Misérable vengeur d'une juste querelle,

 Et malheureux objet d'une injuste rigueur,

Je demeure immobile, et mon âme abattue

Cède au coup qui me tue.

 Si près de voir mon feu récompensé, o Dieu,

l'étrange peine!

 En cet affront mon père est l'offensé Et

l'offenseur le père de Chimène! [ ... ] 

Que je sens de rudes combats!

 Réduit au triste choix ou de trahir ma flamme.,

Ou de vivre en infâme,

Des deux côtés mon mal est infini ; ô Dieu,

l'étrange peine!

Faut-il laisser un affront impuni? Faut-il punir

le père de Chimène? [ ... ]

Mon mal augmente à le vouloir guérir; Tout

redouble ma peine.

Allons, mon âme; et puisqu'il faut mourir,

Mourons du moins sans offenser Chimène.   

                             ( Corneille, Le Cid , acte I, scène VI )

1. Don Rodrigue est seul sur scène: à qui

s'adresse-t-il? Justifiez votre réponse.

2. Observez la ponctuation: quelles sortes

d'indications nous fournit-elle?           

3. Quelle particularité présentent les

verbes de la dernière phrase?

Qu'en concluez-vous? -------------------------------------------------------------------                                                                            Identifiez le type et la (les) forme(s) des phrases suivantes :

1 - L’antiquaire n'a-t-il pas déjà livré la commande?

2 - Battre les blancs en neige, puis les incorporer délicatement à la crème.

 3. Elle au moins, elle ne se serait pas comportée de manière aussi lâche!

4. Ce n'est pas ce cheval qui est le plus facile à monter.

 5. Cesse de pousser des hurlements stridents aux oreilles de ce pauvre chien!

 6. As-tu bien pris tes médicaments ce matin?

 7. Ne soyez pas étonné si cet appareil tombe en panne!

 

• 2-   Trouvez dans ce passage deux exemples de chacun des quatre types de phrase. Précisez leur forme.

Le mot « presbytère» venait de tomber, cette année-­là, dans mon oreille sensible, et d'y faire des ravages. « C'est certainement le presbytère le plus gai que je connaisse ... » avait dit quelqu'un. Loin de moi l'idée de demander à l'un de mes parents: « Qu'est-ce que c'est, un presbytère?» J'avais recueilli en moi le mot mystérieux, comme brodé d'un relief rêche en son commencement, achevé en une longue et rêveuse syllabe ... Enrichie d'un secret et d'un doute, je dormais avec le mot et je l'emportais sur mon mur, « Presbytère! » Je le jetais, par-dessus le toit du poulailler et le jardin de Miton, vers l'horizon toujours brumeux de Moutiers. Du haut de mon mur, le mot sonnait en anathème: « Allez! vous êtes tous des presbytères! » criais-je à des bannis invisibles.

 

Un peu plus tard le mot perdit de son venin, et je m'avisai que « presbytère» pouvait bien être le nom scientifique du petit escargot rayé jaune et noir ... Une imprudence perdit tout, pendant une de ces minutes où une enfant, si grave, si chimérique qu'elle soit, ressemble passagèrement à l'idée que s'en font les grandes personnes ...

 

« Maman! regarde le joli petit presbytère que j'ai trouvé!

- Le joli petit ... quoi?

- Le joli petit presb ... Je me tus, trop tard. Il me fallut apprendre - "Je me demande si cette enfant a tout son bon sens ... " - ce que je tenais tant à ignorer, et appeler "les choses par leur nom ... "

- Un presbytère, voyons, c'est la maison du curé.

- La maison du curé ... Alors, M. le curé Millot habite dans un presbytère?

 

- Naturellement. .. » [ ... ] J'essayai encore de réagir. Je luttai contre l'effraction, je serrai contre moi les lambeaux de mon extravagance, je voulus obliger M. Millot à habiter, le temps qu'il me plairait, dans la coquille vide du petit escargot nommé presbytère ...

 

« Veux-tu prendre l'habitude de fermer la bouche quand tu ne parles pas? À quoi penses-tu?

- À rien, maman ... »                                                                                                                                              ( Colette, La Maison de Claudine (1922) .)

 

3- Identifiez dans le texte suivant le type et la forme des phrases en gras; vous indiquerez ensuite quelle intention précise le locuteur exprime à travers chacune d'elles; l'ordre des mots est-il toujours conforme au type de phrase utilisé?

 

UN CAPITAINE, arrivant. - Sire Ubu, les Russes attaquent.

PÈRE UBU. - Eh bien, après, que veux-tu que j'y fasse?

 

Ce n'est pas moi qui le leur ai dit. Cependant, Messieurs des Finances, préparons-nous au combat.

LE GÉNÉRAL LASCY. - Un second boulet.

 

PÈRE UBU. - Ah, je n'y tiens plus! Ici il pleut du plomb et du fer et nous pourrions endommager notre précieuse personne. Descendons! (Tous descendent au pas de course. La bataille vient de s'engager. Ils disparaissent dans des torrents de fumée au pied de la colline.)

UN RUSSE, frappant. - Pour Dieu et le Czar! RENSKY. - Ah! Je suis mort.

 

PÈRE UBU. - En avant! Ah, toi, Monsieur, que je t'attrape, car tu m'as fait mal, entends-tu! sac à vin! avec ton flingot qui ne part pas.

 

LE RUSSE. - Ah! voyez-vous ça. (Il lui tire un coup de revolver.)

 

PÈRE UBU. - Ah! Oh! Je suis blessé, je suis troué, je suis perforé, je suis administré, je suis enterré. Oh, mais tout de même! Ah! je le tiens (Il le déchire.) Tiens! Recommenceras-tu, maintenant!

 

LE GÉNÉRAL LASCY. - En avant, poussons vigoureusement, passons le fossé, la victoire est à nous!

 

PÈRE UBU. - Tu crois? Jusqu'ici je sens sur mon front plus de bosses que de lauriers.

                                                            A. Jarry, Ubu roi, acte IV, scène 4.

Leçon consultable sur le blog jusqu'au 4 / 11 / 2007

 
 

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