Nain Long Nez   ( Conte adapté et réécrit par les élèves de la 1°AC 1 )    

         Jadis, dans un pays lointain, vivait un beau jeune garçon de douze ans nommé Hamza. Il était le fils unique de ses parents, il représentait la continuité du nom de famille . Il  était donc tellement choyé et vivait comme un vrai prince .

         Or, un jour, une méchante sorcière lui jeta un sort et le transforma en un vilain nain au nez énorme et au corps difforme et l’emprisonna dans son château noir situé au sommet de la montagne hantée. Elle le fit prisonnier  et lui apprit l’art culinaire. Il était tellement triste d’avoir quitté sa famille et, pour supporter les méchancetés de la vieille, il s’absorbait dans son travail et s’y appliquait à telle point que la sorcière ne put plus cacher son admiration pour ce jeune cordon bleu tout petit qui disparaissait derrière ses marmites en chantonnant un air tellement triste où il évoquait ses parents qui lui manquaient à mourir. Un jour même, elle le surprit ainsi et ne put retenir une larme qui coula de son œil gauche, se rappelant sa vie d’il ya longtemps, avant qu’elle n’ait perdu son mari et son fils Zeng Nolnian qui avait alors le même âge que Nain Long Nez et dont les enfants se moquaient en le surnommant justement  Nain Long Nez. Dès cet instant-là, elle le traita un peu mieux. Ne l’avait-elle pas transformé afin qu’il soit à l’image de son défunt fils ? Il vécut ainsi pendant huit ans où il se perfectionna en art culinaire…

         Une nuit, la sorcière qui se montrait de moins en moins prudente à mesure que le temps passait oublia la porte de la cuisine ouverte, celle qui donnait sur une petite cour, avant d’aller se coucher après un bon repas que lui avait servi NLN et où il avait versé un puissant dormitif trouvé parmi les fioles et les potions sur une étagère de la cuisine. Vite, sans finir ses tâches ménagères, il franchit la porte , traversa la cour , prit une petite échelle qui s’y trouvait , la plaça contre le mur et grimpa lestement comme un ouistiti. une fois sur le mur, il tira l’échelle de toutes ses forces et la plaça de l’autre côté et avant de commencer à descendre, il scuta du regard tout l’horizon et malgré le brouillard et la nuit sans lune, fut rassuré en voyant au loin du côté du lever du soleil une petite lueur et reconnut son village. Il prit alors un petit chemin jusqu’à une source , suivit le cours d’eau vers le bas de la montagne . Hormis les bruits familiers des animaux de la forêt et le cliquetis de l’eau, la forêt était silencieuse, ce qui rassura un peu notre petit fugitif. Il marcha suivant son intuition pendant des heures ;son cœur battait la chamaille au moindre bruit insolite et sa gorge se nouait de terreur. Il craignait que la sorcière ne se soit lancée à sa poursuite. Il marcha toute la nuit . Le voilà au sommet de la dernière colline surplombant son village, il entendit les cris des premiers coqs réveillant les villageois pour leurs travail champêtre quotidien .Certaines fenêtres étaient déjà éclairées .Notre petit héros descendit la colline par un raccourci qu’il connaissait bien pour l’avoir emprunté des centaines de fois pour aller étudier dans son école sise à mi-chemin entre son village et les trois hameaux voisins. Il était doublement heureux : d’une part parce qu’il était libre et de l’autre parce qu’il allait  enfin retrouver ses parents , se jeter dans leurs bras , sentir leur odeur et leur étreinte. Il marcha seul et ne rencontra qu’un vieux paysan qui le prit pour un voyageur de passage. bien qu’intrigué par sa petite taille et son corps difforme, le paysan ne lui adressa qu’un salut mitigé et continua son chemin sans doute en pensant au travail qu’il devrait accomplir durant la journée. Nain Long Nez n’en fut que ravi car expliquer toute son histoire à un vieux paysan malentendant ne ferait que retarder le moment des retrouvailles tant attendu et dont il n’avait jamais cessé de rêver depuis huit ans, le moment de son rapt.

         Il se rappelait bien la maison parentale avec, tout autour, un magnifique jardin planté d’arbres fruitiers auxquels il grimpait comme un ouistiti pour cueillir leurs fruits aussi juteux que délicieux et sous lesquels il aimait s’asseoir avec sa cousine Yasmine avec qui il partageait toujours sa cueillette. en fait , elle aussi lui manquait tellement qu’il la voyait dans ses rêves parfois vêtue de blanc, une robe de mariage sans doute mais que lui considérait comme le linceul de leurs relations. Peut –être l’avait elle oublié et s’était mariée oubliant toutes ses promesses d’adolescente…Le voilà devant le seuil de sa maison, il allait frapper à la porte comme autrefois mais sa main se raidit quelques secondes et un frisson traversa tout son corps : «  Et si mes parents étaient morts en mon absence, que deviendrai-je ? ». Il essaya dans un dernier effort de chasser ces idées tristes de son esprit, ramassa son courage des deux mains et frappa à la porte. Son cœur battait dans sa poitrine comme un oiseau se débattant dans sa cage. Il attendit ainsi une minute qui sembla durer pour lui  une éternité. Enfin, la porte s’ouvrit. Qu’elle ne fut sa joie de voir le visage de sa maman après huit ans d’absence ! Il s’avança pour se jeter dans ses bras mais elle le repoussa si violemment  qu’il tomba par terre . il se releva vite en disant : 

- « C’est moi, maman, c’est moi Hamza ! Tu ne me reconnais pas , je suis ton fils Hamza ! » 

-Toi ? Hamza ? Mais c’est impossible ! Mon fils était un beau garçon, svelte, aux traits si réguliers, si fins avec un petit nez droit, bref tu n’es pas mon fils, ne te moque pas d’une pauvre veuve et  va-t-en ! »

        Nain Long Nez aurait voulu lui expliquer ou se jeter dans ses bras et pleurer à chaudes larmes, ne venait-il pas d’apprendre une terrible nouvelle, celle de la mort de son père durant son absence, son père qui fut pour lui un bon père qui ne l’avait jamais frappé ni même grondé ? Son père qui le gâtait, le choyait et l’aidait dans son travail scolaire ? durant ces quelques secondes de réflexion, la porte s’était déjà refermée et la rue commençait à s’animer. Désespéré, renié par sa propre maman, il ne tenta même pas d’ aller voir son oncle ni même sa cousine. Il longea l’unique rue du village puis sentant ses jambes fléchir sous lui, il alla s’asseoir au pied d’un mur, juste à quelques pas d’une belle et grande maison, celle d’un riche négociant qui, chaque année, faisait don de gosses sommes d’argent pour maintenir ouverte l’école primaire où étudiaient les enfants du village avant d’aller au collège que fréquentait Hamza avant son enlèvement. Il s’adossa au mur et s’endormit presque aussitôt ; il était mort de fatigue, désespéré, sans refuge , sans nourriture…

        Quand il rouvrit les yeux, il se retrouva dans une belle chambre aux murs laqués de rose, une servante à son chevet. il se frotta énergiquement les paupières et se pinça même le bras avant de se rendre compte qu’il ne rêvait pas et que c’était bien la réalité. Il dévisagea la servante et la reconnut sans peine car, en huit ans, elle n’avait presque pas changé. C’était Anissa, la servante du négociant et que les garçons du village avaient surnommée ‘’La Vieille Fille’’. Alors, il ouvrit la bouche pour lui parler et lui expliquer sa situation mais il se rappela soudain la réaction de sa mère et se garda bien de parler. La vieille demoiselle lui expliqua qu’en sortant , son maître l’avait trouvé sans connaissance et l’avait fait transporter dans la maison. Nain Long Nez expliqua qu’il était de passage et n’avait rien avalé depuis la veille. un bon repas lui fut servi et dans sa discussion avec Anissa, il lui apprit qu’il était cuisinier et qu’il cherchait du travail. Elle alla en informer le maître des lieux qui vint quelques minutes après en personne s’enquérir de l’état de santé de son petit hôte et l’engager comme cuisinier . Nain Long Nez le remercia de tout son cœur et lui promet d’être à la hauteur de sa tâche. On lui indiqua sa chambre , lui fit visiter la demeure mais ne devrait commencer qu’une fois qu’il aurait retrouvé ses forces.

        Le surlendemain, de bonheur, il entra dans la cuisine pour la première fois. C’était une belle salle, spacieuse, bien aérée, aux murs peints en blanc et d’une éclatante propreté. De grands tableaux accrochés aux murs représentaient des fruits, des légumes et du gibier surtout des cailles, des pigeons et des canes. Les ustensiles étaient disposées en ordre et tous les cuisiniers regardaient le nouveau venu certains aimablement et d’autres curieusement se demandant peut-être comment ce petit bout d’homme allait travailler et pensaient déjà aux mille blagues à faire en parlant de lui. Il excella dans son travail et fit vite taire les mauvaises langues. Bientôt le riche négociant fit de lui le chef cuisinier. Anissa l’aimait et aimerait bien devenir sa femme, aussi le traitait-elle avec douceur et la vie s’écoula à nouveau , douce et tranquille si ce n’était cette idée d’avoir été renié par sa mère il  dut alors reconnaître que certains adages étaient loin d’être vrais puisque le sang ne reconnaît plus le sang et que l’instinct maternel peut être si facilement trompé par une simple transformation physique. Ce sentiment et l’affliction d’avoir perdu son père le plongeaient parfois dans une profonde tristesse . Il vécut ainsi pendant des mois et un beau matin, celui de l’anniversaire de son maître, il alla lui-même au marché, accompagné de Anissa qui lui raconta qu’il a quatre ans, Aya, la fille de leur maître avait été enlevée dans des circonstances mystérieuses et n’avait jamais été retrouvée. Ensemble, ils choisirent les meilleurs légumes, les fruits les plus juteux et les plus exquis et, pour finir, une belle cane, toute vivante, qu’il égorgerait une fois revenu à la maison comme l'exigeait son maître.dessins réalisés par  les élèves

 

                       à suivre...
Tag(s) : #Réécriture et production écrite

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